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Témoignages


François-Xavier Nsanzuwera, ancien procureur rwandais et responsable de programme pour RCN Justice & Démocratie, Bruxelles, janvier 2005. Extrait d’entretien réalisé par Pascaline Adamantidis

« Quand la première mission [de RCN Justice & Démocratie] est venue vers moi, quand j’étais Procureur de la République, on ne m’a pas dit « nous allons faire ceci », on ne m’a pas dit « nous vous apportons ceci ». On m’a posé la question « en quoi est-ce qu’on peut aider ? ». Et je crois que dans tous les projets de RCN, il y a toujours eu ce souci de ne pas vouloir remplacer les acteurs nationaux mais plutôt de s’impliquer dans leur propre projet, dans leur propre programme et de les aider à finaliser, à avancer leur propre projet, leur propre programme. Je crois qu’il y a cette écoute de l’autre, de la personne qu’on va appuyer, qui est la méthode qui caractérise RCN. »

Aloysie Cyanzayire, à propos de la procédure d’aveu, Extrait d’un entretien réalisé par Pascaline Adamantidis Kigali, novembre 2004.

« Les victimes, la parole, ça guérit un peu le cœur, ça permet de dégager un peu ce qui est lourd sur votre cœur mais du côté des auteurs du génocide, des personnes qui sont poursuivies, ça permet aussi de dégager ce qui est lourd sur votre conscience. »

Un citoyen rwandais, Bulletin 1er trimestre 2004, Spécial Rwanda, p. 9

« 10 ans après le génocide...Un pas a été fait dans le domaine de l’unité et de la réconciliation et pour la reconstruction du Pays. Toutefois, beaucoup de choses restent à faire dans le domaine de la justice. Traiter les personnes sans dossier, accélérer la justice du génocide, vider les cachots. La justice permet de punir les coupables, relâcher les innocents, rétablir les victimes du génocide dans leurs droits (...). Aujourd’hui, je ne vis plus dans la peur, la sécurité est rétablie. Les camps de solidarité, la sensibilisation et l’éducation de la population assurés par les autorités permettent de combattre le germe du génocide, la mauvaise éducation. Celle qui permettait de voler une chèvre, un troupeau, une fortune ; puis de prendre une vie en toute impunité. La société rwandaise doit essayer d’éradiquer la culture de l’impunité et bâtir un état de droit où personne ne sera favorisé. »