Témoignages

Animations scolaires

Les textes suivants ont été rédigés par des élèves lors des animations en 2013. Ces animations visent à faire réfléchir sur les conséquences des crimes internationaux commis ici et là, et sur les enjeux du vivre-ensemble pour prévenir les situations de violence.

Juliette R. (élève de 5ème générale) : « Nous, Européens, nous avons une chance extraordinaire de vivre sur un continent libre, sans grillage. Dans certains pays du monde, comme le Rwanda par exemple, ils n’ont pas beaucoup de libertés. Leurs rêves sont étroits, et malheureusement, ils ne savent rien changer. Mais où est l’homme juste ? Tout dépend du lieu de notre naissance, eux, ils ne sont pas bien-nés. Tous les problèmes qu’ils croisent se passent loin de chez nous, on a tendance à les oublier ou même de ne pas y penser. Cette animation nous a rappelé que de nombreuses personnes devaient fuir leur village, leur famille pour survivre… Que faut-il faire pour apaiser les conflits qui surgissent entre les communautés et les peuples ? Nous devons accepter nos différences et peu importe ce qui nous sépare. […] Tous les êtres humains ont droit à toutes formes de liberté et qu’importe la couleur de leur peau. […] C’est à nous, jeunes d’aujourd’hui, adolescents des 4 coins de la terre de faire les bons choix. L’avenir de ces peuples est entre nos mains. […] Avec notre aide, la nuit fera place au jour. Préférez-vous rester dans le noir ou vous lever et faire entendre votre voix ? Maintenant, c’est à vous de voir… Mais n’oubliez pas que dans la vie, la plus part des problèmes proviennent de deux raisons ; nous agissons sans réfléchir ou nous continuons à agir sans réfléchir… ».

Manon E. (élève de 6ème générale) : « Nous sommes assis en cercle dans le noir, la seule source de lumière est la petite bougie au centre et, à nos oreilles, résonne le témoignage du rwandais Gasana. L’émotion nous submerge, l’admiration également pour cet homme et nous ne restons pas impassibles devant la beauté de certains de ses dires. Je voulais revenir sur ce moment, car pour moi, c’était le cœur de l’activité. Je voulais également pour l’ambiance. Pendant tout ce récit, j’ai été littéralement d’abord absorbé par ce que j’entendais, mais aussi par cette bougie au centre, comme l’évocation de l’humanité ».

Fréderic B. (élève de 6ème générale) : « Le témoignage sur le génocide du Rwanda a particulièrement suscité des interrogations sur la passivité des pays démocratiques tels que le notre. Un million de tués en trois mois, sans réelle mise en place d’une protection suffisante des populations civiles. Nous ne pouvons pas fermer les yeux même si cela se passe loin de chez nous. Soulignons le rôle des médias qui peut être un élément déclencheur, mais aussi informer pour sauver. La sensibilisation des jeunes est importante, il ne faut pas laisser se reproduire de telles exactions ».

Projet Dialogue

François-Xavier NSANZUWERA, (ancien responsable de programme, 2004) : « Nous sommes plus ou moins 13.000 Rwandais vivant en Belgique. Nous avons tous une histoire différente. Chacun est arrivé à une période donnée et pour des raisons inhérentes à sa propre histoire. Mais nous avons une histoire commune que nous partageons : nous sommes tous Rwandais et nous vivons dans un pays qui nous a accueillis mais qui n’est pas le nôtre même si certains ont pu trouver une place dans cette société belge. Nous avons un patrimoine commun fondé sur la philosophie d’Ubuntu que nous partageons avec les pays voisins et même avec l’Afrique du Sud […]. Cette philosophie veut dire tout simplement : « Je suis, tu es ». C’est dans le visage de mon voisin, en face, que je retrouve ma propre humanité. Nous sommes 13.000 Rwandais mais les clivages politiques, ethniques, régionaux, la concurrence des victimes, c’est à dire le refus de reconnaître la souffrance de l’autre, la globalisation, la suspicion continuent de marquer cette diaspora. RCN Justice & Démocratie a fort remarqué la déchirure de cette diaspora pendant le procès de quatre de nos compatriotes devant la Cour d’assises de Bruxelles : des jeunes qui n’avaient aucune responsabilité s’insultaient sur les marches du Palais. On reconnaissait deux camps antagonistes. RCN Justice & Démocratie a voulu par ce projet « Dialogue » offrir un espace de parole aux Rwandais de deux communautés qui ont fait un chemin personnel, qui ont envie de rencontrer les autres et d’amorcer un véritable dialogue au sein de cette diaspora, la ligne d’horizon étant la réconciliation. Il ne s’agira pas d’arriver à une même lecture de ce tout ce qui nous divise mais de partager les valeurs communes, partager les témoignages des uns et des autres, et arriver à produire, à construire quelque chose ensemble. Nous ne sommes pas un groupe politique, nous n’avons pas pour but une thérapie collective, mais tout simplement, nous voulons cheminer ensemble pour montrer à nos compatriotes de la diaspora, ici, ailleurs, et aux Rwandais de l’intérieur qu’il y a des Hutu et des Tutsi, malgré les contraintes de l’exil, malgré tous les autres maux cités, à savoir la globalisation et le refus de reconnaître la souffrance de l’autre, qui peuvent, ensemble, construire quelque chose. Le processus proposé nous permet de créer ensemble et de diffuser à l’extérieur, toujours avec comme fil conducteur la réconciliation, l’envie d’apprendre à vivre ensemble. La réconciliation, pour moi, est l’ouverture sur l’avenir. Comment notre groupe de dialogue va-t-il délier le passé pour penser ensemble l’avenir ? […] Il n’y a pas de chemin vers le dialogue, vers la réconciliation ; le dialogue lui-même, la réconciliation elle-même, est le chemin. Faisons ce pari ensemble. »


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