Laurien Ntezimana, « Vivre à l’endroit »

1_Laurien NtezimanaThéologien et sociologue rwandais, Laurien NTEZIMANA a sauvé beaucoup de gens pendant le génocide, ce qui l’a d’ailleurs sauvé lui-même. De son jardin à Quevaucamps, il dit. Ce qu’il raconte est dur mais la force qu’il transmet encourage ; sa parole est profonde et son engagement réel ; d’un chaos qui dépasse l’entendement, il est parvenu à faire émerger des pistes éclairantes par rapport à la notion de crise ; pour lui, pour les Rwandais, pour les auditeurs, pour chacun. Le dos bien droit, les épaules apaisées, les paumes déposées sur ses cuisses et les pieds bien ancrés dans le sol, Laurien livre ici un récit qui interroge, qui émeut, qui bouscule et qui affine incontestablement notre imaginaire face à la notion de chaos et à la posture constructive qui peut s’en dégager.

Il nous aide à mieux nous comprendre nous-mêmes et nous ouvre des pistes d’introspection de qualité face à un monde dans lequel nous semblons parfois nous perdre. « Alors pendant le génocide, j’avais peur comme tout le monde, j’étais en colère contre les gens qui tuaient les autres mais quand je les avais en face de moi, je devais justement travailler à l’intérieur, pas pour les considérer comme des… comment dire ? comme des méchants… parce que si je les considère comme des méchants, je vais augmenter leur méchanceté, je les considère comme des humains qui sont en train de faire fausse route et je vais essayer de toucher la partie humaine qu’ils ont en eux parce que tout humain garde en lui une partie humaine, personne n’est condamné. On a toujours une conscience qui peut s’éveiller. »

 

Vous trouverez un extrait du récit de Laurien Ntezimana ici :

 


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